Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

22/08/2012

L’Arabie Saoudite finance des écoles radicales en Belgique


Turtelboom.jpgAnnie Turtelboom attire l’attention sur certaines écoles où l’on enseigne une version radicale de la religion islamique. La Sûreté de l’Etat estime que ces écoles présentent des dangers.

 

L’Arabie Saoudite finance en Belgique « une dizaine d’écoles » où l’on enseigne la langue arabe et une version radicale de la religion islamique. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open Vld), se basant sur des données de la Sûreté de l’Etat, attire l’attention sur cet état de fait mardi dans le journal De Tijd.

 

« Dans certains cas, les écoles sont créées à la demande expresse du régime grâce à des fonds provenant d’Arabie Saoudite », indique la ministre. « Cela correspond à la volonté affichée par les autorités de ce pays de diffuser la forme officielle de l’islam en vigueur là-bas, le wahhabisme. Cette doctrine se base sur une interprétation stricte de la religion islamique, comme elle était enseignée du temps du prophète ».

 

La Sûreté de l’Etat ne peut pas fournir de chiffre exact à propos du nombre d’élèves fréquentant ces écoles.

 

« Nous estimons qu’il doit y en avoir quelques dizaines », précise la ministre Turtelboom. « En investissant dans ce type d’écoles, le régime espère ainsi recruter des étudiants pour ses universités afin qu’ils y poursuivent leur enseignement religieux. L’objectif est qu’ils puissent à leur tour enseigner et diffuser le wahhabisme ».

 

La Sûreté de l’Etat estime que ces écoles ne sont pas sans danger.

 

Elles constituent un problème dans le cadre de la lutte contre le radicalisme.

 

Source : Le Soir.be - Mardi 21 août 2012

 

 

 

 

 Islam radical: "pas d'inquiétude" pour l'enseignement obligatoire

 

Annemie Turtelboom avait dénoncé l'existence d'une dizaine d'"écoles" en Belgique où est enseigné l'islam radical, parfois grâce à des fonds provenant d'Arabie saoudite.

 

Simonet.jpgL'inspection des écoles reconnues en Communauté française permet de lever toute inquiétude sur l'existence d'un enseignement de l'islam radical en classe, a relevé mardi la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet.

 

Le cabinet de cette dernière prendra cependant contact avec celui de la ministre de la Justice Annemie Turtelboom, qui a dénoncé mardi dans la presse l'existence d'une dizaine d'"écoles" en Belgique où est enseigné l'islam radical, parfois grâce à des fonds provenant d'Arabie saoudite. "Nous souhaitons avoir plus de précisions sur ce qui est visé et les régions concernées", a relevé le cabinet Simonet.

 

L'enseignement organisé ou subventionné par la Communauté française est soumis à une inspection qui exclut en théorie un enseignement religieux radical en classe. Restent, en dehors du système scolaire, certaines écoles ou associations privées, liées à des lieux de culte, sur lesquelles l'inspection n'a pas prise.

 

La volonté du cabinet Simonet d'obtenir plus d'informations auprès de Mme Turtelboom - et de la Sûreté de l'Etat - est liée à la crainte que des familles puissent sortir l'enfant du système scolaire obligatoire.

 

Il existe en Fédération Wallonie-Bruxelles deux écoles libres de confession musulmane, soumises à l'inspection puisque subventionnées. Des cours de religion islamique sont aussi dispensés - de même que des cours d'autres confessions ou de morale - dans plusieurs écoles de l'enseignement officiel subventionné ou organisé par la Communauté française.

 

Source : La Libre.be – 21/08/2012

 

 

 

 

 

Musulmans progressistes - Logo.jpgCommuniqué de Presse

 

De l’Organisation Musulmans Progressistes  

 

 

 

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, a décidé à sa façon de souhaiter bonne fête aux musulmans de Belgique à l’occasion de la fin du jeûne du mois de Ramadan.  Dans le journal De Tijd, elle nous informe de l’existence de « 10 écoles radicales » en Belgique, soutenues par des fonds saoudiens. Loin d’être des écoles reconnues, il s’agit de tentatives associatives marginales qui ne bénéficient pas de l’enthousiasme des communautés musulmanes.

  

L’information était-elle à ce point récente pour en faire une annonce officielle à deux mois des élections communales ? Nous ne le pensons pas. L’Arabie Saoudite a toujours influencé le processus de reconnaissance de l’islam en Belgique, déjà depuis sa reconnaissance officielle en 1974 qui était la contrepartie d’accords avantageux pour notre pays en matière de pétrole.

  

D’emblée, critiquer l’ingérence néfaste d’un Etat étranger dans les affaires de la communauté musulmane est une chose légitime et fondée. Les citoyens musulmans ne trouveront pas leur épanouissement par ce type d’ingérence que nous tenons à condamner.

  

Bien que l’idéologie dominante, mais non exclusive, de l’Arabie saoudite (le wahhabisme) ne recueille pas l’adhésion de la majorité musulmane silencieuse, nous sommes convaincus que c’est grâce à l’éducation et au développement de l’esprit critique que nous pourrons ensemble faire reculer cette idéologie, qui est dans la logique même des replis populistes que nous constatons pas uniquement chez les musulmans. Nombre d’acteurs sociaux et de responsables de mosquées sont conscients du danger du radicalisme et le combattent au quotidien. Comment l’Etat peut-il leur venir en aide ? Autrement que via une telle annonce de la part de notre Ministre.

  

Soulignons d’ailleurs toute l’ambigüité de notre pays qui fait paradoxalement de l’Arabie Saoudite un partenaire commercial tout à fait fréquentable lorsqu’il s’agit d’échanges économiques ou encore d’investissements dans des projets liés au pétrole ou au gaz.

  

De plus, si en tant que musulmans de Belgique nous sommes opposés aux ingérences étrangères, nous estimons avec la même force que l’ingérence de notre gouvernement dans la construction de l’islam en Belgique est tout aussi inacceptable. Nous sommes en ce sens laïques et opposés à une confusion de la sphère politique et de la sphère religieuse. Les exemples ne manquent pas : qu’il s’agisse du mode d’élections pour l’Exécutif des Musulmans de Belgique, du processus de screening ou encore de l’arbitraire dans la construction de centres islamiques, notre pays n’a guère eu une attitude claire, proactive et visionnaire en la matière pour une société inclusive. Pour faire reculer le radicalisme, il est nécessaire de définir d’abord les termes car il ne faut pas confondre l’ultra-orthodoxe et le djihadiste en mettant tout le monde dans le même sac. Ensuite offrir une alternative permettant de former par exemple les futurs imams en Belgique, d’impulser des politiques de respect au sein même de la communauté musulmane ou encore de lutter radicalement contre les discriminations. Or la Ministre n’apporte pas de réponses à ces enjeux majeurs de notre avenir commun.

  

S’il existe un danger, et que celui est circonscrit, il convient à Madame la Ministre de dépasser le constat et de mettre en œuvre les actions nécessaires pour trouver des solutions, en bonne intelligence avec les acteurs associatifs musulmans qui désirent aussi faire reculer les idéologies extrémistes au sein de la communauté musulmane de Belgique. N’oublions pas que notre Etat de droit peut aussi définir des solutions juridiques pour protéger la souveraineté de notre pays dans le domaine si précieux de l'enseignement. Il faut légiférer pour mettre en place une barrière aux idéologies qui incitent à la haine, et pas seulement en ce qui concerne la communauté musulmane mais également agir contre les idéologies islamophobes de groupes, partis ou associations racistes à l’égard des citoyens musulmans.

  

Et de grâce, ne laissons pas les musulmans devenir les enjeux de calculs géostratégiques, ni les objets de calculs électoralistes de nos responsables politiques.

 

 l’Organisation Musulmans Progressistes 

 

 -----