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19/02/2009

Irak : le procès du lanceur de chaussures s’est ouvert : de 5 à 15 ans de prison

Muntadar Al ZAidi.jpgLe procès du journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi, l’homme qui a lancé ses chaussures sur l’ancien président américain George W. Bush, s’est ouvert jeudi devant la Cour criminelle centrale d’Irak.

Selon l’article 223 du code pénal irakien, ce geste pourrait lui coûter de 5 à 15 ans de prison si le qualificatif « d’agression caractérisée » est retenu. Mais le tribunal peut estimer qu’il s’agit seulement d’une « tentative d’agression », punie d’un à cinq ans de prison.


Vêtu d’une veste kaki et d’une chemise noire et d’un drapeau irakien autour du cou, le journaliste de la chaîne de télévision al-Baghdadiya avait le visage fermé.

A son entrée, les membres de sa famille présents dans la salle d’audience l’ont applaudi et des femmes ont lancé des youyous de joie et crié des slogans à la mémoire de l’imam Ali, le personnage le plus important de la religion musulmane chiite.

Le juge lui a demandé son nom, adresse et profession.

Puis l’avocat de M. Zaidi, Me Dhiaa al-Saadi, qui dirige l’équipe de défense composée de 25 avocats, a pris la parole : « Il ya des raisons psychologiques, sociales et politiques à son geste. Il voulait exprimer exprimer son refus de l’occupation », a-t-il declaré. Il a demandé que « des experts soient convoqués pour expliquer les motivations de Mountazer al-Zaïdi ». La cour a alors levé la séance pour se prononcer sur cette requête.

La Cour criminelle centrale d’Irak est compétente pour les affaires de terrorisme et est située à la lisière de la « zone verte », le secteur ultra-protégé de la capitale irakienne.

mountazer-al-zaidi.jpgLe 14 décembre 2008, en pleine conférence de presse de M. Bush et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, Mountazer al-Zaïdi s’était levé et avait crié au président américain qui effectuait une dernière viste en Irak avant son départ de la Maison Blanche : « c’est le baiser de l’adieu, espèce de chien », avant de lui lancer ses chaussures. M. Bush les avait esquivées et des journalistes irakiens avaient maîtrisé leur collègue jusqu’à l’intervention des services de sécurité.

De 5 à 15 ans de prison

Selon l’article 223 du code pénal irakien, ce geste pourrait lui coûter de 5 à 15 ans de prison si le qualificatif « d’agression caractérisée » est retenu. Mais le tribunal peut estimer qu’il s’agit seulement d’une « tentative d’agression », punie d’un à cinq ans de prison.

Avant le début du procès, Me Saadi, qui avait rencontré son client mercredi, a assuré que le journaliste était « prêt à se défendre devant la cour. Il pense que son acte était juste, il compte être innocenté et relâché parce qu’il n’a pas tenté de tuer Bush. Il n’a fait qu’exprimer son opinion ».

« Nous allons exiger l’annulation de la procédure et sa libération car il ne faisait que protester contre l’occupation », a confié son avocat à l’AFP. Pour Me Saadi, il ne s’agit pas d’une tentative d’assassinat « car une chaussure n’est pas un instrument pour tuer. Il voulait juste l’insulter ».

Muntadar Al-Zaidi Awarded by Barack Obama.jpgLe geste avait symbolisé l’opposition à l’intervention américaine en Irak de 2003 et provoqué de nombreuses manifestations de solidarité dans le monde arabe.

Certains Irakiens ont cependant critiqué ce qu’ils considèrent comme une violation des règles de l’hospitalité.

Source : Le soir et AFP – 18/02/2009  

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