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17/12/2008

L’opposition flamande réclame la démission de Leterme

 LeTerme.jpgLes partis flamands de l’opposition demandent la démission du Premier ministre Yves Leterme, dont des collaborateurs sont accusés d’avoir tenté d’influencer des magistrats dans le dossier Fortis. Une commission d’enquête parlementaire sera mise sur pied. La lettre de Leterme n’a pas convaincu, que du contraire.


BELGA

Une commission d’enquête parlementaire sera mise sur pied concernant de possibles influences sur la justice dans l’affaire Fortis, a-t-on appris à bonne source mercredi à la Chambre.

Les partis flamands de l’opposition ont demandé la démission du Premier ministre Yves Leterme mercredi à la Chambre après les informations parues dans la presse selon lesquelles lui ou sont cabinet ont tenté d’influencer la justice dans l’affaire Fortis.

La lettre du Premier ministre à cet égard n’a pas convaincu, que du contraire.

Ecolo demande d’urgence un débat à la Chambre où les travaux ont été suspendus une nouvelle fois. Dans la majorité aussi, certains s’interrogent. Yvan Mayeur (PS) a parlé de « choses assez graves » dans la lettre revenant sur les événements Fortis en justice, que le Premier ministre a envoyée au ministre de la Justice Jo Vandeurzen. « Un magistrat a trahi le secret », a-t-il dit, pointant aussi le chef de cabinet d’Yves Leterme, « quelqu’un de très proche du Premier ministre ».

L’Open VLD s’est dit particulièrement « préoccupé » par le courrier envoyé par le Premier ministre Yves Leterme à son ministre de la Justice Jo Vandeurzen concernant l’affaire Fortis. Le parti attend le débat avant de se prononcer sur « la confiance au Premier ministre ».

« Le chef de cabinet de Leterme a fait pression sur le magistrat »

Le parquet de Bruxelles n’est pas d’accord avec ce que le Premier ministre Yves Leterme affirme dans la lettre qu’il a distribuée mercredi au parlement. Yves Leterme y nie avoir tenté d’influencer le tribunal. Mais selon le parquet de Bruxelles, le chef de cabinet du Premier ministre a lui-même avoué au magistrat avoir demandé à un collaborateur de téléphoner au substitut du procureur Paul Dhaeyer, peut-on lire sur le site du Tijd.

Yves Leterme explique dans la lettre de quelle manière son cabinet a eu des contacts avec le substitut du procureur du roi Paul Dhaeyer dans le cadre de l’affaire Fortis. Son chef du cabinet a donné pour mission au conseiller en sécurité du Premier ministre, un magistrat du parquet de Bruxelles, de faire pression sur son collègue magistrat, a appris De Tijd auprès du parquet.

Le coup de téléphone a été passé juste avant que Paul Dhaeyer rende son avis et explique que la vente de Fortis à BNP Paribas ne s’est pas passée de manière régulière. Le conseiller en sécurité aurait alors déclaré, fâché, à Paul Dhayer : « On est très préoccupé par votre avis. Etes-vous réellement conscient de votre responsabilité ? » La conversation téléphonique a été très brève parce que Paul Dhayer, furieux, a raccroché très vite. Après que son avis a été rendu, Paul Dhayer a appelé un autre collègue magistrat qui travaille au cabinet du ministre de la Justice Jo Vandeurzen, pour lui parler des faits. Le chef de cabinet du premier ministre a ensuite appelé Paul Dhayer pour s’excuser. Il a alors reconnu avoir commandité ce coup de téléphone. Paul Dhaeyer est prêt à témoigner devant une commission d’enquête parlementaire.

Leterme « particulièrement étonné »

Yves Leterme a affirmé à la Chambre n’avoir appris que mercredi midi que son chef de cabinet avait eu des contacts avec des magistrats ou proches de magistrats dans le cadre de l’affaire Fortis. Le Premier ministre a indiqué avoir demandé mercredi à son cabinet, à l’issue de la réunion du Conseil de cabinet restreint, si des contacts avaient été entrepris avec des magistrats. Se disant « particulièrement étonné » des « insinuations » parues dans la presse relativement à des tentatives d’influence de la justice, M. Leterme a dit avoir interrogé à cet égard son cabinet mercredi midi. Yves Leterme a dit être particulièrement attaché aux droits fondamentaux dont la séparation des pouvoirs.

Le gouvernement est engagé dans un combat juridique extrêmement compliqué avec les petits actionnaires de l’ex-groupe de bancassurance Fortis, démantelé alors qu’il était au bord de la faillite début octobre.

L’essentiel de ses actifs aux Pays-Bas ont été rachetés par l’Etat néerlandais tandis que les actifs bancaires belges ont été nationalisés par l’Etat, qui doit en rétrocéder 75 % au géant français BNP Paribas.

Ces actionnaires, qui ont vu fondre la valeur de leurs actions, reprochent à Yves Leterme et à ses ministres d’avoir forcé la direction de Fortis à prendre des décisions sans leur demander leur avis.

La dernière décision en date, prise par la cour d’appel de Bruxelles, leur a donné raison en estimant que les actionnaires auraient dû être consultés lors de la vente des actifs belges de Fortis à BNP Paribas.

C’est dans le cadre de cette procédure en appel, défavorable au gouvernement, que M. Leterme a reconnu que le mari d’une des juges chargée du dossier avait contacté son directeur de cabinet afin de l’informer de la décision imminente.

Source : Belga – Le Soir – 17 décembre 2008

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