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28/11/2008

Paris veut faciliter un dialogue entre l'Afghanistan et ses voisins

dispositif_militaire_francais_en_afghanistan.jpgAlors que les attentats de Bombay ont relancé les craintes de nouvelles tensions régionales, la France s'apprête à accueillir, le 14 décembre, un réunion internationale consacrée aux rapports entre l'Afghanistan et ses six voisins.

Les ministres des affaires étrangères afghan, pakistanais, iranien, chinois, ouzbek, tadjik et turkmène ont été convié à cette "réunion de travail" sur les enjeux régionaux, voulue par leur homologue français, Bernard Kouchner, dans la foulée de la conférence de Paris en juin sur l'Afghanistan et de la réunion Union européenne-Asie centrale organisée en septembre.


Un accent particulier est placé par les Français sur le rôle du Pakistan, pays qui abrite des sanctuaires de talibans et de djihadistes actifs contre les forces de la coalition internationale en Afghanistan.

L'exercice se présente dans un contexte rendu plus compliqué encore par les événements en Inde. L'Inde a été invitée à participer à la réunion de Paris mais la présence d'un représentant n'est pas confirmée par les officiels français. De même, la venue du ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, n'apparaît pas certaine à ce stade. Les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni doivent être représentés, mais sans doute pas au niveau ministériel. Le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan ainsi que le chef de la diplomatie européenne Javier Solana, sont attendus.

Quel message adresser ? Certains partenaires de la France s'interrogent sur le contenu qui peut être donné aux débats. "C'est un mélange très fort" de pays, commente une source européenne, soulignant que de nombreuses incertitudes demeurent, au moment où l'administration Bush est en fin de mandat et où chacun attend le rapport du général américain David Petraeus (prévu en janvier ou février) sur la suite à donner aux opérations militaires.

L'approche française consiste à souligner, ainsi que l'a répété M. Kouchner lors d'une récente conférence à Washington, qu'il n'y a "pas de solution militaire" en Afghanistan, et qu'outre un "processus de réconciliation nationale" et un transfert de responsabilités à l'armée afghane, la solution viendra d'une "approche régionale".

Les récentes ouvertures faites à l'Inde par le président pakistanais Asif Ali Zardari, qui a pris ses fonctions en septembre, sont considérées comme une "bonne nouvelle" par Paris. M. Kouchner a commenté vendredi que "ce n'est pas le Pakistan" qui est à l'origine des attaques de Bombay.

La réunion de Paris ne devrait pas a priori se pencher sur la délicate question du dialogue à mener avec certaines factions talibanes, même si la France s'est prononcée en faveur d'une telle approche, à condition qu'elle exclue les groupes relevant du "djihadisme mondial".

Alors que le président afghan Hamid Karzaï a demandé cette semaine qu'une date limite soit fixée à l'opération de l'OTAN, Paris écarte un tel scénario, tout en commentant que "les troupes internationales n'ont pas vocation à rester indéfiniment".

Natalie Nougayrède

Source : LE MONDE | 28.11.08

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