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22/11/2008

Ahmed Aboutaled, un "Marocain" à la mairie de Rotterdam

Pays-Bas

Article publié le 18/10/2008 Dernière mise à jour le 19/10/2008 à 00:28 TU

Ahmed ABOUTALEB-pict_145940.jpgAhmed Aboutaleb, 47 ans, travailliste d’origine marocaine, a été nommé le 16 octobre maire de Rotterdam. Premier « allochtone » à avoir accédé à un poste gouvernemental en 2007, l’actuel secrétaire d’Etat aux Affaires sociales sera aussi le premier fils d’immigré à prendre les commandes d’une grande ville, en janvier 2009.

Le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, à La Haye le 15 février 2007.
(Photo : AFP)

Par notre correspondante à Amsterdam, Sabine Cessou

Fils d’imam, arrivé aux Pays-Bas à l’âge de 16 ans, Ahmed Aboutaleb va prendre les rênes de la seconde ville néerlandaise. Rotterdam, 558 000 habitants, n’est pas seulement importante pour l’économie du pays, avec son grand port et ses industries. Berceau de la droite populiste, la ville est aussi un laboratoire de la société néerlandaise. Les communautés immigrées y représenteront 54% de la population en 2020, selon les statistiques de la ville. Entre discrimination rampante et islam voyant, Rotterdam condense un malaise exploité sans relâche par les populistes de droite de Leefbaar Rotterdam (Rotterdam vivable), principale force d’opposition au conseil municipal.

Travailliste, Ahmed Aboutaleb appartient au Parti du travail (PVDA), qui compte le plus d’électeurs et d’élus locaux « allochtones », comme on appelle les immigrés aux Pays-Bas. Du coup, sa famille politique est aussi celle qui a le plus de mal à faire face à la crise du modèle multiculturel. Ne voulant froisser personne, la plupart de ses leaders marchent sur des oeufs dès qu’il s’agit d’immigration, le grand débat de ces dernières années.

Ahmed Aboutaleb évite les grands discours sur l’intégration. N’en est-il pas lui même l’un des exemples les plus probants ? Ingénieur de formation, ex-journaliste, ancien porte-parole du Conseil économique et social (SER) puis du Bureau central des statistiques (CBS), il a aussi dirigé l’association multiculturelle Forum. En politique, il a gravi les échelons tout aussi vite. Elu conseiller municipal à Amsterdam en 2002, il a été promu maire-adjoint chargé de l’éducation et de la diversité en 2004. A ce poste, il s’est fait connaître comme musulman pratiquant et grand défenseur du « modèle des polders », basé sur le dialogue et le consensus.

Protection rapprochée jour et nuit

A la mort du cinéaste Theo van Gogh, un critique féroce de l’islam, poignardé et égorgé en pleine rue par un jeune islamiste néerlando-marocain, le 2 novembre 2004, Ahmed Aboutaleb a été en première ligne, aux côtés de Job Cohen, le maire d’Amsterdam, pour gérer la crise qui a suivi. Le soir même du meurtre, il a appelé la communauté marocaine à signaler aux autorités tout individu « risquant de franchir la ligne jaune ». Ce faisant, il s’est forgé une image de collabo auprès d’une partie de sa propre communauté. Depuis, il vit sous protection rapprochée, jour et nuit. Il n’a pas pour autant perdu son franc-parler, trouvant « drôles » la plupart des caricatures danoises ayant fait controverse fin 2005, ou conseillant aux femmes de « retirer la burqa », ce voile islamique qui couvre l’intégralité du corps et du visage, « avant d’aller chercher du travail ».

Donné comme éventuel ministre de l’Education, de l’Intégration ou des Affaires sociales, Ahmed Aboutaleb n’a finalement obtenu qu’un secrétariat d’Etat en février 2007, dans une nouvelle coalition de centre-gauche. Malgré son respect marqué pour les valeurs néerlandaises, - débat, liberté de culte et d’expression -, sa présence au gouvernement n’a pas manqué de faire polémique. Le Parti pour la liberté (PVV) du député ultra-conservateur Geert Wilders a remis en question la présence d’un Marocain au sein de l’exécutif. Comme la plupart des 350 000 Marocains vivant aux Pays-Bas, Ahmed Aboutaleb a en effet la double nationalité.

Face à l’ampleur prise par le débat sur son cas, Ahmed Aboutaleb est sorti de son habituelle réserve, en mars 2007, pour dire sa « colère ». Il a dénoncé le « courant de fond, dans la société néerlandaise, qui ne veut pas de moi ici ». Aujourd’hui, le PVV proteste à nouveau contre sa nomination à Rotterdam. Il n’empêche. Le travailliste néerlando-marocain va bel et bien succéder au libéral Ivo Opstelten en janvier prochain. Et continuer de faire son chemin en politique, un parcours sans faute, pour l’instant, dans un pays tourmenté.

Commentaires

Ils prennent le dessus, s'introduisent en silence, lentement mais surement. Aznar avait raison, personne ne l'a ecoute. Quand l'Islam prendra le control, l'Europe ne pourra, que secher ses larmes, car il sera trop tard...s'il ne l'est deja...

Écrit par : Cody | 23/11/2008

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